Accueil » NoireôNaturel » NoireôNaturel Actus

Drépaction : ensemble contre la drépanocytose

712-38f21d7d76bf98f395713142d671454b-2001.jpgDate(s) : Samedi 13 Juin 2009.

Passi, Bisso Na Bisso, Admiral T, Medhy Custos, Neg’Marrons, Bamboolaz… tous réunis sur une même scène pour une même cause : la drépanocytose.

La drépanocytose ça vous dit quelque chose ? Non et c’est bien là que réside une partie du problème. La drépanocytose est une maladie génétique grave mais pas rare, particulièrement fréquente dans les populations d’origine africaine sub-saharienne. C’est aussi la première maladie génétique en France avec 12 000 cas diagnostiqués. La drépanocytose est placée au 4ème rang des priorités de santé publique mondiale par l’ONU, l’OMS et l’UNESCO. Un réel fléau donc mais encore bien mal connu du grand public.

Pour remédier à ces lacunes généralisées, Patrick Karam, Délégué interministériel pour l’Egalité des chances des Français d’Outre-mer, organise du 13 au 19 juin, la Drépaction. L’opération s’ouvrira avec un grand concert au Zénith de Paris et qui se clôturera par la journée de la drépanocytose. Sur le modèle du Téléthon, cette manifestation a vocation à mobiliser les esprits et à recevoir des dons, reversés ensuite au collectif « Ensemble contre la drépanocytose ».
Sont donc attendus à partir de 20h00 pour lancer cette grande action solidaire : Jacob Desvarieux et Jean-Philippe Marthély de Kassav’, Passi et le groupe Bisso Na Bisso, Admiral T, Medhy Custos, Neg’Marrons avec le groupe Bamboolaz, Shoubou de Tabou Combo, Soft, Victor « O », Dominique Panol et bien d’autres.

Lourdement suivie et soutenue aussi bien par les médias, les artistes que les politiques, il ne manque désormais que votre soutien pour faire avancer les recherches contre la drépanocytose.

RDV samedi 13 juin au Zénith de Paris.

Horaire : 20h00
Tarif : 19,80€


Lieux en relation

Zénith
211, avenue Jean Jaurès
75019 Paris
01 42 08 60 00

Porte de Pantin
Voir la fiche complète

Lire la suite

Accueil » NoireôNaturel » NoireôNaturel Actus

Peau noire, cheveu crépu : d’où vient le “besoin” de les dénaturer ?


smeralda.jpg Voici une piste de réflexion selon Juliette SMERALDA, sociologue martiniquaise, quant à notre rapport au cheveu crépu et à la peau noire et aux conséquences sur la perception que nous avons de nous même en tant que femmes noires et qui nous inciterait à nous défriser les cheveux et pour certaines à vouloir paraître « plus blanches » qu’elles ne sont… Qu’en pensez-vous ??

« 3.2 Les transformations capillaire, épidermique et morphologique: des «stratégies» questionnées

La sociologue trace un Historique du peigne africain, de la coiffure africaine, des méthodes de modification de la structure et de la couleur du cheveu et de la peau. Les transformations capillaire, épidermique et même morphologique sont nées aux Etats-Unis: «le fait d’ailleurs que les défrisants et dépigmentants destinés aux Noirs soient apparus aux Etats-Unis ne relève pas du hasard: un lieu entre la situation de ce pays qui n’est jamais parvenu à souffrir sa minorité noire, et l’apparition de ces procédés qui, à l’instar de la dilution biologique largement entamée, viennent assez rapidement à bout des traits négroïdes les plus résistants…» (p. 65). Ces transformations correspondent à «la stratégie de dénaturation (défrisage et décoloration)» (p. 86), dans la Douleur, puisqu’elles sont  « des pratiques mimétiques inspirées du modèle blanc caucasien» (p. 152):

  • le cheveu crépu/frisé: «Il donnerait spontanément le sentiment d’être hirsute, non domestiqué et «sale». Il semble donc faire désordre lorsqu’il est porté dans son état naturel, et par les femmes. Il est alors l’objet de moqueries et d’exclusion auxquelles les porteurs ne sont pas toujours en mesure de faire face, surtout lorsqu’il s’agit de s’intégrer à un groupe de pairs et de se sentir exister parmi ceux-ci. Se défaire du cheveu-stigmate serait donc devenu un leitmotiv auquel peu de femmes opposent une réelle résistance.» (p. 62) – «une (sur)représentation négative du cheveu crépu» (p. 69) – «l’histoire douloureuse et irréversible» (p. 103) du cheveu crépu – «se défriser c’est faire la preuve de son aptitude à devenir un sujet socialement «adapté» à un environnement désormais travaillé en profondeur par le modèle occidental» (p. 151) – «par la pratique du défrisage, il s’agit de soustraire les cheveux à la tyrannie du regard qui pénalise socialement. Crépu étant synonyme de disgrâce, d’imperfection, de ruralité, de manque de raffinement, etc., ce cheveu-là doit disparaître derrière un lissage». (p. 153)
     
  • la peau noire: «une rigoureuse instrumentalisation de la couleur de l’épiderme» (p. 85) – «pour cadrer avec l’idéal en vigueur, aucun sacrifice n’est trop grand, aucune douleur insupportable» (p. 90) – la peau «soumise à des formes d’agression caractérisée» (p. 131) – «les personnes qui se défont de ce capital attaquent la couche cornée (de l’épiderme), qui les protège de l’action des ultraviolets et s’exposent ainsi à des pathologies qui peuvent entraîner la mort». (p. 131)
     
  • le corps: la Rhinoplastie pour «dompter le nez épaté et le bout rond qu’il affiche, afin de doter le porteur malheureux d’un «vrai» nez, digne de ce nom: un nez pointu» (p. 170) – le «désépaississement» (p. 170) des lèvres. « 

Pour en savoir plus « Potomitan » et « NoireôNaturel« , rubrique Actualités.

Lire la suite